Até Proust criticava a medicina...enquanto "ciência" exata.

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Vamos de Proust por hoje.

 

Ele que descreve de forma poética e justa o fato de que o conhecimento é mutante, que em ciências biológicas não existe nada absoluto, que hoje entendemos assim, amanhã, de outra maneira. E por estas e outras que o radicalismo no que diz respeito à saúde é perigoso. O radicalismo em sim é perigoso em tudo e pra tudo.

E eu fico pasma cada vez que eu vejo que os anos passam que a tecnologia aumenta mas os problemas humanos e socias são sempre os mesmo...até quando acreditaremos que existe uma verdade ? 

 

Segue Proust "falando":

“... Cottard tenta, para acalmar a agitação da sua paciente, o regime lácteo. Mas as perpétuas sopas de leite não causaram efeito porque vovó colocava muito sal (Widal ainda não tinha feito suas descobertas), sobre o que a gente ignorava os inconvenientes nestes tempos. Porque a medicina sendo um compêndio de erros sucessivos e contraditórios dos médicos, pensando que os melhores dentre eles têm a chance de « jurar » por uma será reconhecida como falsa alguns anos mais tarde.  De maneira que crer na medicina seria uma suprema loucura, se não crer não fosse uma maior ainda, porque deste amontoado de erros escapam no tempo algumas verdades.  Cottard   recomendou medir a sua (avó) temperatura. A gente foi buscar o termômetro. …”  

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Não vou entrar no mérito da “popularização” do conhecimento técnico, mas quem ler francês leia até o fim e divirta-se.

 

« Cottard qu’on avait appelé auprès de ma grand’mère et qui nous avait 
agacés en nous demandant avec un sourire fin, dès la première minute où 
nous lui avions dit que ma grand’mère était malade : « Malade ? Ce n’est 
pas au moins une maladie diplomatique ? », Cottard essaya pour calmer 
l’agitation de sa malade, le régime lacté. Mais les perpétuelles soupes 
au lait ne firent pas d’effet parce que ma grand’mère y mettait beaucoup 
de sel (Widal n’ayant pas encore fait ses découvertes), dont on ignorait 
l’inconvénient en ce temps-là. Car la médecine étant un compendium des 
erreurs successives et contradictoires des médecins, en appelant à soi 
les meilleurs d’entre eux on a grande chance d’implorer une vérité qui 
sera reconnue fausse quelques années plus tard. De sorte que croire à la 
médecine serait la suprême folie, si n’y pas croire n’en était une plus 
grande, car de cet amoncellement d’erreurs se sont dégagées à la longue 
quelques vérités. Cottard avait recommandé qu’on prît sa température. On 
alla chercher un thermomètre. Dans presque toute sa hauteur le tube 
était vide de mercure. À peine si l’on distinguait, tapie au fond dans 
sa pette cuve, la salamandre d’argent. Elle semblait morte. On plaça le 
chalumeau de verre dans la bouche de ma grand’mère. Nous n’eûmes pas 
besoin de l’y laisser longtemps ; la petite sorcière n’avait pas été 
longue à tirer son horoscope. Nous la trouvâmes immobile, perchée à 
mi-hauteur de sa tour et n’en bougeant plus, nous montrant avec 
exactitude le chiffre que nous lui avions demandé et que toutes les 
réflexions qu’ait pu faire sur soi-même l’âme de ma grand’mère eussent 
été bien incapables de lui fournir : 38° 3. Pour la première fois nous ressentîmes quelque inquiétude. Nous 
secouâmes bien fort le thermomètre pour effacer le signe fatidique, 
comme si nous avions pu par là abaisser la fièvre en même temps que la 
température indiquée. Hélas ! il fut bien clair que la petite sibylle 
dépourvue de raison n’avait pas donné arbitrairement cette réponse, car 
le lendemain, à peine le thermomètre fut-il replacé entre les lèvres de 
ma grand’mère que presque aussitôt, comme d’un seul bond, belle de 
certitude et de l’intuition d’un fait pour nous invisible, la petite 
prophétesse était venue s’arrêter au même point, en une immobilité 
implacable, et nous montrait encore ce chiffre 38° 3, de sa verge 
étincelante. Elle ne disait rien d’autre, mais nous avions eu beau 
désirer, vouloir, prier, sourde, il semblait que ce fût son dernier mot 
avertisseur et menaçant. Alors, pour tâcher de la contraindre à modifier 
sa réponse, nous nous adressâmes à une autre créature du même règne, 
mais plus puissante, qui ne se contente pas d’interroger le corps mais 
peut lui commander, un fébrifuge du même ordre que l’aspirine, non 
encore employée alors. Nous n’avions pas fait baisser le thermomètre 
au-delà de 37° ½ dans l’espoir qu’il n’aurait pas ainsi à remonter. Nous 
fîmes prendre ce fébrifuge à ma grand’mère et remîmes alors le 
thermomètre. Comme un gardien implacable à qui on montre l’ordre d’une 
autorité supérieure auprès de laquelle on a fait jouer une protection, 
et qui le trouvant en règle répond : « C’est bien, je n’ai rien à dire, 
du moment que c’est comme ça, passez », la vigilante tourière ne bougea 
pas cette fois. Mais, morose, elle semblait dire : « À quoi cela vous 
servira-t-il ? Puisque vous connaissez la quinine, elle me donnera 
l’ordre de ne pas bouger, une fois, dix fois, vingt fois. Et puis elle 
se lasser, je la connais, allez. Cela ne durera pas toujours. Alors 
vous serez bien avancés. »

 

Marcel, Proust - À la recherche du temps perdu, publiée de 1913 à 1926

   

Juliana T. Grazini dos Santos

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