Le saladier en poème - Bernard Benedetti

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Le saladier

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Dans la vaisselle il y a des plats ;
 il est bien normal que ces plats soient plats,
 mais il y en a qui ne le sont pas.
 Ceux-ci ce sont ceux
qu’on nomme les plats creux;
dire « les creux » devrait suffire,
puisqu’on dit bien des plats
 et non pas des plats plats.
 Comment peut-on imaginer
 qu’un plat soit à la fois
 creux et plat ?
 C’est contradictoire.
Mais basta !
 On n’imagine pas,
 c’est l’usage, on le suit.
Ne faisons pas d’histoires
 puisqu’après tout les creux
 (certes ne sont pas plats)
mais font partie des plats.
Mais pardonnez-moi, je m’égare
et digresse sans crier gare !
Mon propos était de parler
du plus noble de ces plats creux
et du plus creux aussi des plats
qu’on appelle le saladier :
Il est creux, profond, évasé,
souvent bien décoré
de cinq (ou six) fruits et légumes.
Mais il est d’abord destiné
 — là son nom ne fait pas de doute —
à recevoir et mélanger,
touiller, brasser, entremêler
les vertes feuilles de salade.
après les avoir arrosées
d’une sauce bien préparée
à base de vinaigre et d’huile,
sans oublier les aromates
et s’il vous plaît quelques rondelles de tomates,
(vert et rouge se marient bien)
 quelques cerneaux de noix, si vous le désirez,
tout ce que vous voudrez…
Le creux du plat, les feuilles le remplissent,
la profondeur vient des épices.

 

Bernard Benedetti - 20/10/2014.

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